Comment parler de sexualité avec son·sa partenaire : nos conseils pour aborder tranquilou bilou ce moment un petit peu gênant, mais qui peut être chouette
Parler de sexe avec son mec ou sa meuf, c’est comme s’inscrire à un cours de danse où l’on ne connaît personne : soit on adore, on est super à l’aise et roule ma poule, la vie est belle ; soit on n’ose pas, on a l’impression que ça va être un de ces moments super-chelous-super-gênants et là c’est le blocage. Si c’est votre cas, dans cet article on vous donne quelques astuces pour en parler tranquilou bilou sans pression, mais avec beaucoup de compassion. Parce que c’est quand même trop chouette de discuter fantasmes, envies, et plaisir avec la personne qui partage notre vie (et notre lit).
Par Céline et Margaux Publié le
Dans la vie il y a trois trucs qui peuvent vite être gênants si on n’assume pas le truc : le mail pas-du-tout-pro-signé-bisou-à-la-fin envoyé par erreur à touuuute la boîte ; présenter un·e connaissance à un·e pote et avoir un trou de mémoire au moment d’énoncer son prénom ; et parler de ses fantasme à son mec ou sa meuf.
Pour les deux premiers, on ne peut pas faire grand chose pour vous à part vous dire courage et vous dire de vous excuser humblement. Par contre, on peut vous donner quelques conseils pour vous aider à ouvrir la discussion sur le sujet de la sexualité avec sa moitié.
D’ailleurs, on le glisse comme ça, mais ça ne devrait jamais être un moment de gêne, c’est au contraire une belle preuve de complicité, d’échange et d’amour. Que ce soit pour parler de vos envies, vos fantasmes ou vos limites, on vous file quelques tips pour créer ce moment safe et avoir cette chouette discussion. Surtout, n’y voyez pas une injonction à avoir une vie sexuelle active, que nenni — si vous êtes épanoui·e sans sexe, parfait, il n’y a rien d’obligatoire.
Pourquoi parler de sexualité avec son partenaire n’est pas toujours facile facile
Merci les tabous et les injonctions qui collent à la peau
Depuis qu’on a l’âge de marcher et que l’on est haut·e comme trois pommes, on nous vend cette image idéalisée de l’amour et du couple — l’autre devrait pouvoir nous comprendre sans qu’on dise quoi que ce soit. Juste un regard suffirait et l’autre arriverait en courant avec : un câlin, un mot d’amour, un verre d’eau, Pedro Pascal.
Mais dans la vraie vie, ça ne se passe pas du tout comme ça, et quand soi-même on ne sait pas toujours ce qu’on veut (allez, on se le dit, y a pas de honte et on aime l’idée d’imaginer qu’on est en petit comité, ici), alors, comment est-ce que la personne en face pourrait connaître nos besoins. Résultat : on n’ose pas aborder certains sujets, et la sexualité en fait partie.
La peur du rejet ou du jugement qui fait qu’on ne dit rien
Disons les choses comme elles sont tout de suite, vous le savez, c’est le genre de la maison — et si vous ne connaissez pas ENL, au départ on était un podcast qui invitait de vrais gens à parler de leur vraie sexualité, maintenant on est une marque qui vend des produits pour les tracas du quotidien.
Bref, disons les choses comme elles sont : la sexualité est bizarre, il n’y a ni normes, et encore moins de normalité. Juste une histoire de consentement (la base de la base !) et de plaisir. Le reste, c’est à vous de créer les règles du jeu. Sauf que dans la réalité, ce n’est pas si simple et l’on peut avoir peur de parler à son·sa partenaire parce que l’on appréhende son jugement et donc son rejet.
À force, on rumine, on se demande si c’est normal d’aimer telle ou telle pratique. Sauf que ne rien dire, c’est risquer d’être mal compris·e, frustré·e et de se sentir moins libre et donc moins soi-même.
Pourtant, en parler est absolument indispensable
Pour favoriser l’intimité et la confiance
Une histoire d’amour, ça se tisse à deux. Et si votre partenaire connaît tous les prénoms de vos 13 derniers chats, mais ne sait pas ce que vous aimez quand il s’agit de prendre du plaisir au lit, c’est un peu dommage.
Une bonne communication sur vos désirs, vos fantasmes et ce que vous aimez permet d’avoir une relation plus riche, plus approfondie et de créer une intimité avec un vrai lien sincère et profond.
C’est l’occasion de mieux vous connaître vous en tant que personne, dans ce que vous aimez, désirez et ressentez, mais aussi de mieux appréhender votre meuf ou votre mec. Et on ne vous apprend rien, mais cette proximité et cette intimité, c’est un peu la colle (UHU) de votre relation — et pas forcément le sexe en tant que tel.
Pour éviter les malentendus et les frustrations
Est-ce que vous allez au restaurant en vous disant que le·a serveur·euse va deviner le plat que vous avez envie de manger parce que vous y pensez très très fort — et lancez des coups d’oeil intempestifs sur le menu du jour pour lui signifier que vous ne rêvez que d’une chose : dévorer le hachis parmentier du chef ? Sans doute que non. Et si c’est le cas, vous risquez de finir avec un plat que vous n’avez pas du tout envie de manger.
Pour votre sexualité, c’est pareil — oui, chez ENL on adore les métaphores (et les restaurants, vraiment beaucoup). Si vous ne dites pas ce que vous avez en tête, la personne en face risque de deviner maladroitement en se basant sur ses propres envies. Résultat des courses ? Il peut y avoir plein de petits non-dits qui s’accumulent et qui plombent l’ambiance, au lit et partout ailleurs par la même occasion.
Note pour être ultra-vraiment-transparent·e : on énonce clairement que le hachis parmentier nous fait très envie, et on parle de ses limites, ses désirs et ses fantasmes pour éviter les frustrations cachées et les ressentiments — et de terminer avec une salade verte sans rien d’autre, si ce n’est pas ce qu’on a commandé.
Pour poser les bases du consentement et les limites de chacun·e
Ouvrir la discussion sur la sexualité en couple, c’est bien pour parler de ses fantasmes, dire que l’on a envie de tester de nouvelles pratiques, mais c’est surtout primordial pour parler de ses limites et donc de consentement.
C’est l’occasion de parler de ce que l’on veut, mais surtout de ce que l’on ne veut pas. Certaines pratiques que vous aimez et qui vous semblent OK pour vous, peuvent ne pas du tout être source de plaisir pour votre partenaire. Créer votre terrain d’entente, c’est le meilleur moyen d’avoir du respect, de l’écoute, et de la liberté.
Comment aborder le sujet sans gêne ni stress ?
Choisir le bon moment et le bon lieu (pas dans les bouchons, par exemple).
On a la conviction qu’il y a un moment pour tout et que le cadre dans lequel vous abordez le sujet fait la moitié du boulot, clairement. Si vous êtes dans le tunnel du soir avec vos enfants, les mains pleines de shampoing en train de crier à l’autre bout de l’appartement : “ce soir, faut qu’on parle mon coeur”, on n’est pas certaines que votre partenaire va venir au lit serein·e et prêt·e à papoter.
Pour aborder une discussion sur ce sujet un peu touchy, si vous n’en avez pas l’habitude :
- Choisissez un moment calme, sans obligation derrière, ni horaire à respecter.
- Si possible, soyez dans un endroit neutre où il n’y a pas de tensions déjà présentes (genre, pas le bureau quoi).
- Parfois, le mouvement peut faire du bien pour délier les langues. Vous pouvez partir vous promener pour discuter et ne pas être en tête à tête, mais plutôt côte à côte, ça permet aussi d’être plus à l’aise.
Oser mettre des mots sur ses fantasmes et ses envies, parce que non, vous n’êtes pas “bizarre”
Avoir des fantasmes c’est quelque chose de très sain et tout le monde en a. Ce ne sont pas forcément les mêmes, mais il y en a quand même un paquet qui reviennent souvent — le fameux plein à trois, vouloir faire l’amour avec les yeux bandés, ou sur une plage déserte… Bref, la liste peut être vraiment très longue et elle n’a de limites que votre imagination, c’est quand même ça qui est chouette avec le sexe : on peut tout tester pour savoir ce qu’on aime — avec le consentement de tout le monde, et sans se forcer, ça va de soi.
Si vous n’osez pas en parler frontalement, vous pouvez commencer par des phrases toutes douces comme : “J’aimerais qu’on essaye…”, “Je me demandais…”, “Tu en penses quoi de …”. Et surtout, faire exister un fantasme à l’oral ne veut pas dire que l’on est obligé·es de le réaliser dans la vraie vie.
Créer un espace sûr pour que l’autre se sente aussi à l’aise de partager ses envies
Votre couple est une entité à part entière, une petite bulle où le plus important reste de se sentir à l’aise. Ouvrir la discussion sur la sexualité permet donc de renforcer votre confiance mutuelle, et cela passe pas un accueil des paroles de l’autre sans jugement, ni ressentiment, sans empressement.
Communiquer sur ses besoins tout en écoutant l’autre réellement
Dire “je” plutôt que “tu”
C’est bien plus difficile d’avoir une discussion empathique et sans quand ça se termine en dispute quand on tourne ses phrases de manière négative ou qu’on a adopté une tonalité accusatrice. Alors on sait, parfois c’est malgré nous. Et c’est pour ça que c’est vraiment-méga-super-important de prendre un peu de recul et de parler avant tout de soi et de sa position.
Plutôt que de dire “Tu ne me fais jamais de câlins” on peut dire “J’aimerais avoir plus de proximité physique avec toi”.
Ou bien, au lieu de dire frontalement “Je m’ennuie au lit avec toi” (ouch) on peut essayer “J’aimerais essayer ça ou ça”, ou “Je sais que cette pratique me fait beaucoup de bien si tu veux qu’on essaye la prochaine fois”.
L’objectif reste toujours de partir de ses ressentis, ses émotions pour instaurer une ouverture dans le discours et ne pas faire de reproches, parce que c’est clairement ça qui risque de créer une tension.
Entendre les sentiments de l’autre et surtout les respecter
Parler de sexualité avec son·sa partenaire c’est pas toujours facile parce que ça demande aussi de prendre du recul sur ce que l’autre personne a à dire sur nous, nos comportements, nos envies.
Alors on inspiiiiiire, on expiiiiire, c’est pas du tout une critique de votre personne, mais une information précieuse à prendre en compte pour le bien-être de votre meuf ou meuf.
Accepter les limites et parler de vos attentes
On revient un peu au point de départ : parler de vos désirs c’est aussi mettre des mots sur les choses que vous n’acceptez pas. Et c’est la même chose pour votre partenaire. Les limites de chaque personne sont là pour créer un cadre bienveillant et de respect dans le couple, pas pour vous embêter, vos poser des barrières ou des freins.
Si vous avez l’impression de partir au front pour faire entendre vos fantasmes ou vos désirs, style guerrière avec le bandana en travers du front et le poing levé, il y a de très fortes chances que la discussion ne se passe pas sur des roulettes. Le dialogue est là justement pour savoir comment tout le monde (aka vous deux) se sent en ce moment dans sa sexualité, son plaisir et sa libido.
Comment faire si la discussion sur la sexualité avec son partenaire devient difficile ?
Voici comment gérer le désaccord ou l’incompréhension
Si ça devient ardu et plus du tout tranquilou bilou de parler de vos limites ou de votre désir, ou que la personne en face de vous se braque ou commence à faire des reproches, déjà, on respire. On essaye de prendre un petit, vraiment tout petit peu de recul et tente de présenter les choses sous un nouvel angle.
Les reformulations vont devenir vos meilleures amies.
- Essayez de poser à plat ce que vous comprenez de la situation : Je comprends que tu aies l’impression que je ne fais pas assez attention à ton plaisir, par exemple.
- Évitez l’escalade en expliquant calmement que vous faites partie de la même équipe et que vous êtes justement là pour trouver une solution ensemble.
- Formulez clairement ce que vous pensez que l’autre attend de vous une fois son besoin énoncé, pour voir si ce n’est pas un problème de compréhension.
Et si rien ne fonctionne et que l’autre reste braqué, déjà, on vous envoie du love, c’est jamais facile de prendre conscience de ces choses là et on espère que vous êtes entouré·e et avez des gens avec qui vous pouvez en discuter.
La sexualité s’apprend à deux et rien n’est figé
S’il y a bien un endroit où l’on apprend de nouveaux trucs tout au long de sa vie c’est dans sa sexualité. Entre les nouveaux désirs, plaisirs, envies et les chamboulements de la vie comme l’arrivée des (possibles) enfants, ou une meilleure connaissance de son corps ; c’est normal que votre sexualité à 40 ans ne ressemble pas du tout à celle que vous aviez à 20 ans.
On vous recommande chaudement d’avoir cette discussion de temps en temps, quand vous sentez que vous n’êtes plus aligné·e avec certaines pratiques, quand vous avez envie de tester de nouvelles choses, ou bien que vous aimeriez bien savoir où votre partenaire en est dans sa propre réflexion.
À partir de quand consulter, en couple ou seul·e ?
On n’est pas du tout du tout en train de vous dire qu’il faut absolument avoir une sexualité pour être un couple épanoui, ou épanoui·e tout court d’ailleurs.
Par contre, si vous avez envie d’en discuter et que ça bloque d’un côté ou d’un autre, c’est peut-être le moment d’aller voir un·e pro du sujet pour en discuter.
C’est le moment de consulter si :
- L’un·e n’ose jamais en parler, malgré votre compréhension et empathie.
- Le manque de communication crée trop de souffrance ou de distance.
- Le dialogue est complètement rompu malgré les efforts communs.
Dans ces cas de figure, un·e thérapeuthe, sexologue ou conseiller·e de couple peut vraiment aider à renouer le dialogue. Et puis ça fait du bien d’avoir une personne tierce qui est neutre pour faire un peu la médiation.
Nos conseils pour entretenir votre complicité sexuelle au quotidien
Créer des moments dédiés pour discuter de vos envies et de ce qui vous traverse en ce moment
Au boulot, on se fait des points mensuels pour savoir comment ça va, voir ce qui a marché ce mois-ci et analyser ce qui a fait un peu un flop. Pour votre couple, vous pouvez faire la même chose — peut-être pas sur Teams, mais autour de la table ou lors de n’importe quel autre moment qui vous semble opportun (pas dans les bouchons comme on vous le suggérait juste avant).
Vous pouvez vous laisser des mots sur des post-it pour vous dire des choses douces, vous donner RDV au café pour papoter ou même caler une date de réunion “ Point Mensuel sur notre vie sexuelle” si vous en avez envie. Parce qu’avoir cette discussion une fois, c’est bien même si c’est pas facile, mais l’avoir régulièrement c’est encore mieux pour faire le point avec vous-même et votre partenaire pour être certain·e que tout le monde reste sur la même longueur d’ondes.
Et si vous avez envie d’avoir des cartes avec des questions précises pour savoir quoi dire exactement, on a crée Le Cercle de Parole. C’est une boîte que vous pouvez sortir à n’importe quel moment et qui comporte une centaine de questions pour justement poser celles qui ouvrent le dialogue et permet de se (re)connecter à l’autre, mais aussi à soi. Ça bouscule un peu, ça fait pas mal parler et ça fait surtout tomber les barrières, parce que des fois c’est quand même chouette la vulnérabilité.
Accepter que libido, envies et fantasmes évoluent et que le dialogue renforce le couple
Si vous avez lu cet article de A à Z avec la même attention que si c’était un épisode de la Star Académie, déjà bravo et franchement, merci, et ensuite, vous allez peut-être avoir l’impression que l’on se répète un petit peu. Mais c’est pas de notre faute, promis, c’est parce que l’on est vraiment, mais alors vraiment, convaincues que le dialogue est le remède à tous vos maux (ou presque).
Bien communiquer, c’est le début du bonheur — on pourrait presque faire des affiches avec ce slogan. Tout ça pour dire que ce qui vous excitait il y a cinq ans peut ne plus du tout être votre truc maintenant, ou ce qui, avant, ne vous donnait pas envie, vous fait aujourd’hui de l’œil. Ouvrir le dialogue avec son·sa partenaire permet de faire le point régulièrement pour voir poindre de nouveaux trucs, sortir d’une certaine routine qui peut s’installer et s’écouter.
Tester de nouvelles pratiques à deux ou seul·e
La libido, c’est un peu un yoyo qui monte et qui descend sans cesse sauf qu’on ne sait pas jusqu’où elle peut disparaître, ni quand elle revient. C’est pour ça que parler de sexualité avec son·sa partenaire peut être un bon moyen de savoir ce qu’il se passe à ce niveau là, et de tester de nouvelles choses pour aller encore plus loin dans la découverte de soi.
Ça peut être une nouvelle playlist, un massage, un jeu sensuel, un fantasme partagé, de la masturbation avec des podcasts érotiques, des petites surprises. Mais le tout sans pression et sans injonction à la nouveauté avec l’obligation de tester tout le kama sutra.
Bref, tout ça pour dire que parler de sexualité avec son compagnon ou sa compagne, c’est pas toujours facile facile, mais c’est vraiment quelque chose de chouette. Vous posez les bases de votre plaisir, vous créez du respect mutuel et vous apprenez à mieux connaître vos désirs et surtout, votre complicité et votre intimité s’en trouvent renforcés.
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